samedi 27 avril 2019

Exclusivité

La phrase la plus longue.

Dans le roman que je suis en train d'écrire, un enfant a écrit une phrase de 877 mots dans le but de dépasser le nombre de mots de la phrase la plus longue de Marcel Proust. La voici.

Cet homme, cette ombre tapageuse qui remuait des casseroles et des portes d'armoire, ce fantôme de passage qui démarrait toutes les machines bruyantes du logis : le lave-vaisselle, la laveuse, la sécheuse, le four à micro-ondes, la télévision, la radio, le homepod, le téléphone; cet homme qui se faisait appeler père, pour lequel je n'avais aucune affection pour la bonne raison qu'il n'était pas ce qu'il prétendait être, m'apparaissait comme une fréquentation forcée à la manière de la Voie lactée contrainte de supporter le voisinage de l'énorme galaxie Andromède, qui l’entraîne dans une valse de quatre milliards d’années au terme de laquelle elle se fera engloutir ; j'espérais que mon sort diffère de celui de notre galaxie malgré le bien-fondé de mon analogie – d'ailleurs, il faut prendre en considération que la coalescence des deux galaxies, bien que spectaculaire du fait qu’elle provoquera une flambée stellaire en augmentant  radicalement l'intensité du champ lumineux du ciel la nuit, ne provoquera pas de collisions d'étoiles en raison de l'immensité de la distance les séparant ; grâce à mes histoires et à mes analogies, je m'étais donc mis dans le bon état d'esprit pour supporter la présence brumeuse de cet homme, qui voulait que je lui dise merci quand il m'obligeait à m’asseoir près de lui et m’obligeait à l’écouter mastiquer sa viande, manger bruyamment sa soupe et se moucher le nez, me forçant également à avaler les mets qu'il déposait anarchiquement dans mon assiette, provoquant une rébellion répréhensible dans mon estomac – je suivais avec beaucoup d'attention la chronique des péripéties de la guerre dans mes organes, qui se manifestait sous la forme de borborygmes, de brûlures, de crampes, de contractions ou de gaz, qui semblaient constituer les paramètres de l'analyse de la situation dite familiale de cet homme, qui voulait que j'ouvre la bouche pour japper, hurler, grogner, chanter ma spécificité ; je n'avais aucune colère à aboyer, je n'avais qu'à supporter cet homme qui faisait des efforts pour m'empêcher de m'adosser contre la porte de ma mère, résumant son existence à cette fonction, en opposition encore une fois avec ses prétentions; il voulait que je sois reconnaissant de ce qu'il appelait l'amour d'un père et qu'il m'imposait avec toute la force de gravité de son corps massif en comparaison et que je lui retourne son amour en suivant le principe newtonien d'action et de réaction, mais mon petit corps ne faisait pas le poids devant la masse de ses prétentions; à l'entendre je lui devais reconnaissance pour la puissance de son amour, il n'avait apparemment pas saisi le principe selon lequel tout amour est l'expression d'un sentiment narcissique et que c'est justement pour cette raison que ce sont les actions qui comptent ; cet homme qui voulait que je lui tinsse la main quand il m'obligeait à l'accompagner à l'extérieur en tenant dans mes mains un ballon dont je ne saurai jamais quoi faire de ma vie ne comprenait pas que mon mutisme – je n'avais pas prononcé un seul mot de mémoire d'homme – était le juste signe d'une belle disposition à ce sentiment si valorisé par la littérature et cet homme lui-même en l'occurrence, il ne comprenait pas non plus que mon silence était une célébration introvertie, une messe intérieure, un recueillement entre moi et moi et ma mère, et que la porte que j'affectionnais au point de m'y installer était la parfaite expression de la moisson qui fleurissait dans mon organe central ; cet homme, qui me parlait dans un langage de primate comme à un bébé de cette espèce,  voulait que je l'écoutasse attentivement alors que je devinais le moindre mot de ses paroles et qu'il avait autant d'imagination qu'une anémone de mer et que je ressentisse pour lui de la gratitude, la gratitude de son éducation alors que j'aurais pu lui apprendre l'univers en commençant par le soleil et en finissant par les quasars, la gratitude de sa présence alors qu'il ne s'était jamais appuyé avec moi contre la porte de notre mère disparue, qu'il n'avait jamais voulu connaître le titre du livre qui m'accompagnait dans tous les instants de ma vie ; il nourrissait le grain de  sa voix de la gravité du rôle qu'il s'octroyait en gravitant sur son orbite, de la responsabilité de me voir heureux qu'il s'imposait, il musclait son obstination à vouloir jouer la fonction d'une bouée dans la mer de ma vie, il survoltait ses beaux sentiments à mon égard en plongeant son regard dans le miroir de ses prétentions, lequel miroir aurait pu se révéler le bassin de sa noyade, mais non, il tenait bien la position, il avait l'allure du bon père devant la voisine ou l'inconnue du super marché, il avait la politesse des hommes élégants et la loyauté des hommes intègres, il savait se tenir dans le courant de la vie publique: au marché, il savait être poli, à la banque, respectueux, dans une réunion de parents, intéressant; aux yeux du facteur, de la voisine de palier, de ses deux derniers amis de l'université et de son partenaire de bridge, il était un homme respectueux, toujours affable, image idéale du père de famille dont les bras étaient encombrés par la présence d’un enfant pris au centre d’un cercle mal défini.



vendredi 24 novembre 2017

samedi 29 août 2015

Mon premier roman !

Voici ma dernière oeuvre !

mercredi 24 octobre 2012

Jeune fille à la perle

D'après le film du même nom avec Scarlett Johansson.


Détail:




mardi 2 octobre 2012

Joannie Rochette en triste femme

Je suis en train de dessiner cette photo, aux crayons graphites. Dommage, je perds le bleu, mais je gagne en expérience!

jeudi 13 septembre 2012

90e poème de résistance


Je m’évade
Tu t’évades
Il panique
Nous nous libérons
Vous nous observez
Ils sonnent l’alarme

J’ai composé des poèmes
Tu as marché librement
Il a plu des avertissements
Nous avons soigné nos combats
Vous avez observé
Ils ont matraqué

J’étais impartial
Tu étais indignée
Il vaquait à sa routine
Nous pensions à l’avenir
Vous doutiez
Ils lâchaient leurs chiens

J’avais subi leurs petites visions
Tu avais vu plus loin que l’horizon
Il avait neigé des inepties
Nous avions vu nos rêves s’engouffrer
Vous en aviez profité pour tout amasser
Ils avaient fait des guerres

Je parlerai d’amour et de politique
Tu écriras l’histoire de l’avenir
Il sera difficile d’affirmer la destruction
Nous soignerons le cœur la Terre et le ciel
Vous en profiterez gratuitement
Ils n’existeront plus

lundi 13 août 2012

Ève Cournoyer, auteure-compositeure interprète de talent, est décédée hier dans des circonstances inconnues pour l'instant. Je l'avais rencontrée à plusieurs reprises, elle aimait beaucoup la poésie, et les paroles de ses textes en faisait foi. Sur cette photo, je suis en compagnie de Mathieu Lippé, Ivy et Ève. C'était lors du festival de la chanson de Tadoussac en 2007.

jeudi 12 juillet 2012

41e poème de résistance du 18 mai

Vort
Mie

Pangot
Escarthère

Hamour
Aine

Eneurs
Tufants

Forsastre
Détune

Esblement
Accapoir

Solisisme
Narcisdarité

Optinisme
Cymisme

Plabril
Nomnète

Humalité
Aninité

Litention
Déberté

vendredi 18 mai 2012

Poème de résistance du 18 mai 2012


Je dis dés sur le sable
Zizis dans l’espace
Je dis eau eau bleue
Je dis bébé
Je dis Inconscient
Je dis la belle anse
Je dis si tu m’aimes
Je dis tu es ma ville

Je dis démontre-moi le monde
Je dis zozo comme zozo
Je betterave
Je hisse le drapeau
À L’Anse-à-Pierre
Si ville si village

Je dis dé
Je dis z
Je dis o
je dis bé
Je dis i
Je dis ance
je dis si
je dis vile

J'

samedi 12 mai 2012

Petite Africaine

Voici mon dernier dessin. Petite Africaine. 11 X 14. Crayons graphite 4h, 2h, 2b, 4b. 6b et 9b
Pour un peu de paix.

lundi 30 avril 2012

Wodaabe

C'est drôle à dire, mais dessiner des femmes et des enfants de pays lointains est en train de m'humaniser. J'ai commencé par le portrait de jeunes Afghanes. J'ai rapidement pris goût au teint de leur peau, à la couleur de leurs vêtements, à leur maquillage, à leurs sourires, à leurs rêves, leurs peurs et leurs joies. Puis, j'ai découvert les Touaregs - peuple d'une extrême beauté - et maintenant les Wodaabe, autre peuple nomade du Niger. Dessiner des portraits m’apparaît maintenant comme un geste d'une profonde humanité, qui transforme le regard que je pose sur les gens. (Je conseillerais une petite séance quotidienne de dessin à nos chers politiciens qui savent tout, tout le temps.
)

mardi 24 avril 2012

Touareg

P.S. J'avais d'abord mis cette photo sans message (pour le simple plaisir des yeux), puis j'ai glissé cette question dans les commentaires. Finalement, je me dis qu'elle serait plus visible si la mettais dans le message. Voilà : J'ai de la difficulté à bien voir les détails de l'image - je suis en train de dessiner cette belle Touareg. Est-ce que vous pouvez m'aider ? Les commissures des lèvres posent problème, mais si je me regarde dans le miroir en faisant la même moue, j'arrive à estimer leurs positions particulières. Mais les narinnes posent vraiment problème. Est-ce que vous voyez des trous de narines (ne serait-ce qu'une petite partie). J'ai vu qu'une personne avait fait ce même dessin au pastel sec, elle y a mis deux trous de narine bien clairs, mais je pense que c'est une inexactitude, qu'en pensez vous ?

jeudi 19 avril 2012

La Joconde : un pont vers l'enfance

Elle jette sur nous un regard tendre, serein, maternel, qui plonge dans notre passé. Elle est la compagne d’un bon moment, d’un beau secret. Elle dresse un pont entre le ciel et nous… Voilà comment je décrirais La Joconde telle que je la perçois maintenant.
Depuis une semaine, à raison de quelques heures par jour, j’essaie de la reproduire au crayon graphite (mine de plomb).
C’est étrange, une sorte d’osmose opère. La difficulté manifeste de l’acte lui-même oblige le respect, mais la beauté et la subtilité de ses traits (aucun coup de pinceau n’est visible, tout est en nuance) sont un appel à la rencontre.
Je vous assure que Mona Lisa a une belle âme, riche et profonde. Le spectateur l’aime, respectueux et fraternel.

(Auteur inconnu - à mes yeux - ) Cette reprise illustre la plongée de la Joconde dans l'espace intime de notre propre enfance - ici, urbaine.)

Bien que très ludique et sans prétention, cette reprise (auteur ?) illustre à nouveau, de façon très nette, le lien de Mona Lisa avec notre enfance

mercredi 18 avril 2012

Colère rouge


Anti-poème rédigé entre deux haut- le-cœur

De pauvres corbeaux se pétrifient dans leur gouvernance
Des faces à claque nourries aux graines de piastres
De lourds étrons qui entravent la montée des espoirs

Printemps chaud rouge comme la colère noire

mercredi 11 avril 2012

mardi 10 avril 2012

Dormir jusqu'en haut

Nerfs qui craquent
Collets d’un tronc
Cous lacérés
Je voudrais dormir
M’étendre sur le feu
M’évaporer jusqu’au bleu
Peindre des oublis
Évoquer des souffles
Libérer la gorge des guerres
Devenir l’horizon
M’encoffrer dans la glaise
Rouler des ombres
Avaler des planètes

jeudi 22 mars 2012

F O

Matraque Markov Charest fuck-off frais chiés de scolarité fuck-off USA Iran Irak fuck-off bombe-ci bombe-ça comme-ci comme-ça joint d’étoiles et de toiles de tôle pour surfer par-dessus le globe de tes yeux mon petit poisson exorbité Arrimez-vous aux plaques volantes Orientez-vous à l’aide du nord tropical dites allo à vos chattes et brossez vos canines Mesurez-vous à plus microscopique que vous Alignez vos jets de salive sur les courbes dow-Johns Secouez vos puces d’ordinateurs mangez dans la main de Dieu rouge bouge simple simple socle sec toc toc soldavidson le beau temps est une illusion synesthésie à effet de serre j’entends le rouge sauvage qui roule dans tes veines j’entends le chocolat de tes mots je m’ennuie d’ailes je m’ennuie des bancs de sable que je n’ai jamais vus

jeudi 23 février 2012

La plume a bonne mine


Je poursuis mon apprentissage du dessin (à temps perdu). Vous remarquerez que j'ai délaissé les marqueurs (feutres) pour le crayon graphite (mine), parce que mes marqueurs me donnent mal à la gorge.

jeudi 16 février 2012

Mer s'y

Voix scie un mets sage pour les âmes mies
Une messe âge de mots en toute lit ber thé
Pour sexe primer et dire mer si à la vie
Mer scie pour les poix sons et les bas tôt
les amis mots volants dans les eaux
Les couches de sol œil et les plaines l’une
Maire si pour la chatte leur U maine
Les baies Z et les prés nettes tractions
M’air-ci pour les oies d’eau s’y belles
Et l’envie d’ève voluer dans les R